




Le fantôme en tergal contre la légion damnée du IVème Reich
Pixel vengeur
Albin Michel-bandes dessinées, 2007
Attention, humour ravageur!
Septembre 1945…Dans la jungle très humide bordant le Golfe du Bengale, le Fantôme en tergal, dont le courage n’a d’égal que la taille de son nez, va découvrir au fonds d’une grotte la plus sombre des machinations. En effet, un savant fou, soutenu par une bande de nazis tout droit sortis de La grande vadrouille, a réussi à redonner vie à la dépouille d’Hitler. Et la créature, tel le monstre du Docteur Frankenstein, va s’avérer encore plus terrifiante que l’original et échapper à tout contrôle. Heureusement, « le héros tellement incroyable que t’y crois pas » ne va pas laisser une chose pareille se produire dans sa jungle à lui ! De belles bagarres en perspective !
Pré publié dans le magasine Psikopat , cette parodie de super héros est certainement l’un des albums les plus délirants sortis ces derniers mois. Pixel vengeur manie avec un égal bonheur la plume et le pinceau. Les répliques sont ciselées, le scénario est mené à un rythme qui ne s’essouffle jamais, les pires clichés sont transformés en autant de gags irrésistibles. Les dessins, qui mêlent décors très réalistes et personnages caricaturaux, fourmillent de détails incongrus, et, pour les amateurs, de références aux plus grands maîtres de la BD.
Pas de doute, le Fantôme en Tergal est bien le croisement du Fantôme de Lee Falk et du Jean-Claude Tergal de Tronchet !
Couleur de peau : miel, tome 1
Jung
Soleil, 2007 ; (Quadrant solaire)
En 1970, Jung a 5 ans lorsqu’il est recueilli par un policier alors qu’il cherche de quoi se nourrir dans les poubelles de Séoul. Envoyé dans un immense orphelinat géré par des américains, le Holt, il est proposé à l’adoption. C’est une famille belge de langue française qui va l’adopter. Une nouvelle vie va commencer pour le petit garçon : des parents aimants, certes, mais sévères et quelquefois capables de paroles ou de gestes profondément blessants, 5 frères et sœurs, dont une autre petite coréenne adoptée, avec lesquels il va faire les 400 coups, l’émerveillement devant les richesses de la société de consommation, l’apprentissage de la sexualité… L’intégration se fait sans difficultés apparente, les souvenirs de la vie en Corée s’estompent rapidement. Et pourtant, Jung sait qu’il est différent des autres enfants. Il en veut à son pays d’origine, qui, pense-t-il, l’a trahi et abandonné. Attiré par la culture asiatique, mais refusant de se reconnaître comme coréen, il va développer une passion pour le Japon.
Près de 200 000 enfants coréens ont été adoptés et disséminés principalement en Europe et aux Etats-Unis depuis une cinquantaine d’années. Jung, que nous connaissions déjà comme dessinateur des séries Yasuda et La jeune fille et le vent est un de ceux là. Ce récit autobiographique est sa première œuvre en tant que scénariste. C’est pour lui l’occasion d’explorer des thèmes qu’il n’a fait qu’effleurer dans ces ouvrages précédentes : le déracinement, la quête identitaire, l’engouement pour l’Asie, et pour le Japon en particulier. Mais Jung refuse l’apitoiement sur lui-même. Le regard qu’il porte sur l’enfant qu’il a été est chargé d humour et de dérision. Son dessin en noir et blanc paraît au premier abord beaucoup plus simple que d’habitude, presque caricatural. Et pourtant, les personnages sont extrêmement expressifs, le trait est spontané, sans artifice, à l’image du discours qu’il véhicule.


Trois ombres
Cyril Pedrosa
Delcourt, 2007 (Shampooing)
La vie de Joachim et de sa famille s’écoule paisiblement, rythmée par les saisons. Mais un jour l’angoisse s’insinue dans les rêves de Joachim, angoisse matérialisée par 3 cavaliers noirs qui apparaissent sur la colline dominant la maison. Le doute n’est plus permis : ces cavaliers sont venus « prendre » Joachim. Le père refuse l’inéluctable et décide de fuir vers son pays natal. Commence alors pour le petit garçon et son père un voyage en bateau ponctué de rencontres et de péripéties rocambolesques. L’un et l’autre, chacun à leur manière, finiront par accepter cette épreuve avec sérénité.
Voyage initiatique, conte fantastique, récit épique, mais surtout aventure profondément humaine, ce livre est à la fois enchanteur et bouleversant par le sujet traité : comment accepter la perte d’un enfant. Cyril Pedrosa joue avec nos émotions sans jamais sombrer dans le pathos. Son trait au pinceau et à l’encre oscille entre le lyrisme dans les scènes d’actions et une simplification pudique dans les scènes intimistes. Une très belle réussite.

Un père et son fils errent sur les routes d’une Amérique dévastée avec pour simple richesse un caddie rempli du strict nécessaire. On ne saura jamais ce qui est arrivé au pays le plus puissant de la planète. Mais on comprend très vite comment une société peut régresser en quelques jours en suivant le périple vers l’océan de ce fragile équipage. La moindre rencontre est un danger potentiel. Se loger et se nourrir un souci permanent.
Dans un style épuré, descriptif et désabusé, Cormac McCarthy navigue entre chronique naturaliste et science-fiction.
Quand David Goldberg, bibliothécaire universitaire, accepte de classer les archives d’un vieux multimillionnaire cynique et acariâtre, il est loin d’imaginer découvrir un complot pour déstabiliser la prochaine élection présidentielle. Il devient très vite l’homme à abattre…
Voilà le livre a donner en priorité à tout ceux qui se demandent à quoi peut bien servir un bibliothécaire. Pour Larry Beinhart, à rien de moins que sauver la démocratie ! Sous couvert d’un roman à suspense, l’auteur se livre a une critique à peine voilée du gouvernement américain actuel.


Joe Goffman est l’auteur d’un roman à succès où il décrit férocement les concitoyens de Bush Falls, sa ville natale. Après dix-sept ans d’absence, il doit y retourner quand son père est hospitalisé. Il va être confronté aux ressentiments de la population et, surtout, à ses souvenirs.
A mi-chemin entre Helen Fielding (créatrice de Bridget Jones) pour la chronique sentimentale et Douglas Kennedy pour la subtile ironie et les affres des hommes trentenaires, Jonathan Tropper offre aux lecteurs un petit roman bourré d’humour et de mélancolie.



Un superbe album photographique pour découvrir la vie exubérante qui bruisse dans les brumes mystérieuses des marais. Au fil des saisons, l’auteur dévoile la vie de ce milieu sensible, en suivant un fil conducteur: la surface aérienne de l’eau.
Est-ce qu’une pomme de terre cru peut absorber l’excès de sel dans la soupe ? Pourquoi le poisson cuit t’il plus vite que la viande ? Que se passerait-il si on mangeait toujours froid ? L’auteur répond avec humour aux questions parfois très sérieuses, parfois complètement loufoques. Et il vous propose des recettes… Ce livre régalera tous les gourmands de la science.
Un livre qui fait suite dans la même collection aux titres « Ce qu’Einstein disait à son coiffeur », « Ce qu’Einstein n’a jamais dit à son tailleur »


Un abécédaire scientifique clair et passionnant.
A partir d’une sélection d’entretiens récents menés au cours de son émission de radio
« la tête au carré » Mathieu Vidard offre ici un panorama vivant et actuel des grandes questions scientifiques.





Le parcours chaotique d’un jeune skinhead de 12 ans (très belle performance du jeune Thomas Turgoose choisi lors d’un casting de rue) et de toute une génération en manque de repère dans l’Angleterre des années 80 sur fonds de guerre des Malouines.
Ce film de Shane Meadows semble désigné pour être le meilleur film anglais de 2007.


